Elle a passé dix jours comme ouvrière d’usine!

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Elle a passé 10 jours comme ouvrière d’un abattoir Le peuple des abattoirs par Mokiejewski

Dans ce livre, la journaliste *Olivia Mokiejewski nous raconte  le quotidien «  du peuple des abattoirs ». Elle détaille tout, avec les mots les plus crus car « la réalité ne pourra jamais être romantique ». Elle nous plonge à l’intérieur, comme si on y était, et pas en incognito, elle nous livre les récits qu’elle a recueillis durant trois ans avec ceux qui y travaillent. Pour  décrire ce monde  de sang, elle est devenue une ouvrière d’abattoir,  pendant 10 jours en intérim.

« Leurs journées commencent en général avant celles des autres, au milieu de la nuit. Pendant que nous dormons, le peuple des abattoirs prépare les commandes dans des pièces sans fenêtre. Ils saignent, ils découpent, dépècent, désossent et conditionnent à la chaîne. L’obsession est de suivre les cadences et de tenir. Au départ, c’est juste un petit boulot, et ça devient un métier ».

Elle s’interroge sur les conditions de travail en abattoir, les difficultés physiques et psychologiques, les douleurs, le regard des autres, le rapport à l’animal et au travail effectué. Elle informe avec des données, 50  000 ouvriers travaillent dans les abattoirs. Sans être forcément sensible à la cause animale, je trouve intéressant de parler des animaux d’élevage et des humains

(p. 173) : « Si l’on veut que l’animal soit respecté, il faut que l’ouvrier le soit aussi. Tant que les corps seront cassés et les âmes brisées, peu de choses changeront dans les abattoirs. C’est aux industriels d’agir et à l’État. Il faut revoir  la réglementation et les conditions de travail », conclut Olivier Falomi après avoir remis son rapport au ministre de l’Agriculture. En, 1906 le journaliste Upton Sinclair, dans son roman La Jungle, s’intéressait au prolétariat industriel et dénonçait déjà les conditions humaines dans les abattoirs de Chicago en mettant en avant l’exploitation des travailleurs, immigrés notamment. Cent ans plus tard, après la disparition des mines de charbon, les ouvriers d’abattoir sont parmi les derniers forçats en France.

(Dernier paragraphe) : « Au moment où j’achève ce livre, il est 4 heures du matin. Je pense à eux. Aux hommes et aux animaux. La chaîne va bientôt démarrer ».

« Mon expérience à duré dix jours. Ce n’est pas grand-chose ».

J’encourage tout le monde à lire ce livre de la journaliste  Olivia Mokiejewski.

 

Gérard Clautour

 

*Olivia Mokiejewski.est documentaliste. Très impliquée dans les combats scientifiques sur l’alimentation, l’environnement et le monde animal. Sa ténacité lui a valu le surnom de « l’emmerdeuse ». On lui doit en particulier Une vie de cochon et Coca-Cola, la formule secrète (Infrarouge, France2) ; « Le peuple des abattoirs » est son premier livre.

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AG du CDHMOT vendredi 16 février 17h Pôle associatif salle 13

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Venez nous rejoindre et décider de nos prochaines 

activités  à notre Assemblée Générale

Vendredi 16 février à 17h au Pôle associatif

Boulevard Aristide-Briand à La Roche-sur-Yon

salle n°13, porte F, 1er étage.

Le CDHMOT participe à « Laïcité, Mouvement social » les 8 et 9 décembre

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Pour l’anniversaire de la loi 1905, qui introduit les principes fondateurs de notre République, plusieurs mouvements et associations se sont fédérées pour célébrer l’événement : Ligue de l’enseignement, CDHMOT, FRANCAS, Association des Familles Laïques, Libre Pensée, Ligue des droits de l’homme et les amies et amis de la commune. 

 

Les FRANCAS de Vendée, La Libre Pensée, le CDHMOT et La Ligue de l’enseignement – F.O.L.

Plusieurs temps forts vont rythmer les journées du 6, du 8 et du 9 décembre.

Le CDHMOT participe aux journées du 8 et 9 décembre:

  • Le 8 décembre à partir de 16h : Présentation des expositions « la loi de 1905 », « 7 portraits de femmes engagées dans le combat social en Vendée », « Jaurès et la laïcité ». Rencontre et discussion autour des publications et des ouvrages des organisateurs sur le thème « Laïcité Mouvement social » (Salle des fêtes du Bourg sous la Roche – Rue Emile Baumann à La Roche-su-Yon)
  • Le 8 décembre à partir de 18h : Projection du film « Les 3 vies du chevalier » film documentaire de Dominique Dattola (Salle des fêtes du Bourg sous la Roche – Rue Emile Baumann à La Roche-su-Yon)
  • Le 9 décembre à partir de 10h : Présentation des expositions « la loi de 1905 », « 7 portraits de femmes engagées dans le combat social en Vendée », « Jaurès et la laïcité ». Rencontre et discussion autour des publications et des ouvrages des organisateurs sur le thème « laïcité mouvement social »(pôle associatif – salle 11 – Boulevard Aristide Briand à la Roche-sur-Yon)

Sur le site du CHT : Fragments d’Histoire sociale. Ludovic CLERGEAUD

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Ludovic Clergeaud, simple métayer 

 

« Simple métayer », c’est ainsi que Ludovic Clergeaud

(1890-1956) signait ses articles.

 

 

 

 

 

Et métayer, il le resta longtemps sur une exploitation qui ne dépassa jamais une douzaine d’hectares,

lui, ne possédant en propre que« quelques boisselées de terre », vigne, prés et pâtis.

 

Né dans le sud vendéen, entre plaine et bocage à Marsais-Sainte-Radegonde, ce fils de métayers quasi-illettrés, surnommé « le Caniget », s’engage dès 1906 « pour le Socialisme, la République, la Libre Pensée ».
Le service militaire (« 25 mois de bagne » !) où il apprend son inscription sur le carnet B, et la guerre où il fut gazé, renforcent son antimilitarisme et son pacifisme « intégral ». En 1919, il est candidat socialiste aux législatives, écrit dans le Prolétaire de la Vendée et fait partie du noyau fondateur du Parti communiste. Défenseur de la petite paysannerie, « fermiers, métayers, bordiers, journaliers et domestiques » qu’il invite à se constituer en syndicats agricoles, franc-maçon et ligueur (LDH), il en est exclu rapidement et revient à la SFIO. Il en sera le secrétaire fédéral de 1927 au tout début des années 1950, collaborant à la presse militante : La Tribune Républicaine et socialiste (années 1920), Le TravailLa Parole Républicaine (1936-1941) ou encore La Vendée Libre (après 1945).

Contrôleur à l’Office du Blé sous le Front populaire, il côtoie Henri Pitaud, est élu conseiller général du canton de L’Hermenault (1937-1940) et poursuit son combat en faveur des métayers comme son ami Tanguy-Prigent. Il défend tout aussi ardemment l’école laïque et flétrit l’enseignement confessionnel, si hégémonique en Vendée.
Résistant, passé à la clandestinité pour échapper à la Gestapo, il entre au Comité départemental de Libération en septembre 1944 comme secrétaire et retrouve son canton de L’Hermenault où il est élu de 1945 à 1949. Il participe à la reconstitution du syndicalisme paysan dans la CGA (Confédération générale de l’agriculture) et s’implique notamment dans le statut du métayage et du fermage préparé par Tanguy-Prigent, ministre de l’Agriculture. Dans La Vendée Libre, Ludovic Clergeaud ouvre une chronique signée « le coin du paysan » en 1950.
Déçu de ne pas avoir été tête de liste pour la députation, défait lors des élections au conseil général en 1949, le jeune retraité doit s’effacer en 1953 après une vie de combats : « Voilà 40 ans que je suis sur la brèche, et il y a longtemps que j’avais lié ma gerbe lorsque d’autres songeaient à pénétrer dans le champ des luttes sociales » a-t-il écrit en 1948, huit ans avant de tirer sa révérence.

Contribution de Florence Regourd (CDHMOT)

Bibliographie
Ludovic Clergeaud, Le Socialisme en Vendée, préface de Georges Monnet, Imprimerie commerciale Fontenay-Le-Comte, 1939.
Florence Regourd, Ludovic Clergeaud (1890-1956) Métayer. 50 ans d’engagement en Vendée, Geste éditions, 2013.
Henri Pitaud, Mes chemins sauvages. Souvenirs 1921-1940, L’Etrave, 2001.
Fonds de la fédération socialiste de Vendée déposé au CDHMOT.

Illustrations
Alice et Ludovic Clergeaud avec un domestique de ferme à la métairie de Marsais (cliché famille Métais) ; Portrait de Ludovic Clergeaud en 1949 (cliché famille Métais) ; Profession de foi pour les élections cantonales de 1937 (Fonds CDHMOT).

Nouvelle publication: Grève du textile dans la Vendée ouvrière

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Le tome 3 de nos publications « Mémoire ouvrière. Mémoire oubliée »

est paru. Brochure illustrée de 80 p. disponible au prix de 8 €,

vous y trouverez  un article du CDHMOT sur :

« La grève de 1910 en Vendée »

et trois articles de Jean-Joseph Chevalier sur :

« La dernière grève des tisserands du Choletais »,

« Charles Arandel (1859-1916), syndicaliste et socialiste »,

« Jules Allard (1846-1931), grande figure du mouvement ouvrier choletais »,

« Le tisserand Elie Cartron et les syndicats ouvriers de Prévoyance (1887-1914) ».

On peut se procurer les 3 brochures pour le prix de 15 € auprès du CDHMOT

(compter 3 € de port).

1. Ismaël BOUREAU (1851-1922) Typographe.
Pionnier du syndicalisme vendéen. (24 p) 5 €
2. 1910: La machine tue le bras ! Grève du textile dans
la Vendée ouvrière. (80 p) 8 €
3. 1917: Les ouvrières de la sardine en grève.
« L’Arrière » mobilisé ? (28 p) 5 €

 

Faymoreau-Les-Mines: Une Babel ouvrière

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Sur le site du CHT une contribution du CDHMOT: 

 

Le 12 juillet 1945, un coup de grisou secoue Faymoreau, modeste commune du sud-Vendée dont la notoriété doit beaucoup à la découverte dans les années 1820 d’un sous-sol riche en charbon. Huit corps sans vie sont extirpés du puits. Ils ont pour noms : Walter Ameck, Johann Jay, Karl Mizgalski, Walter Turk, Henri Petit, Bautista Puente, Venceslas Sirek et Stanislas Skrypezyk. Ils sont Allemands (prisonniers de guerre), Français, Espagnol, Polonais… et gueules noires.

L’arrivée de travailleurs étrangers intervient après la Grande Guerre quand la Compagnie recrute en 1920 150 mineurs polonais vivant alors en Meurthe-et-Moselle. Bientôt, une dizaine de nationalités se côtoient sur les corons de Faymoreau, de la Haute-Terrasse (alias le coron des « sans bas », par opposition au coron des « bas de soie » réservé aux porions) à la Basse-Terrasse et à la Basse-Mine. Dans les  années 1930, aux « dynasties » de mineurs locaux (Métay, Suire, Pointre, Barbin…) viennent s’ajouter des Italiens, Allemands, Espagnols, Tchèques, Russes, Nord-Africains… sans oublier les Polonais qui forment la première des communautés étrangères. Au recensement de 1931, sur 837 habitants, on dénombre 232 étrangers.

Quelle que soit leur origine, les mineurs partagent les mêmes revendications : sur les salaires, la durée, les conditions et l’organisation du travail, les modalités de la retraite, la sécurité. Fortement syndiqués depuis la création de la première Chambre syndicale des mineurs de Faymoreau en 1895 (à l’issue d’un conflit relatif à la création d’une société de secours mutuels), affiliée à la CGT en 1910, tous se retrouvent dans une même solidarité professionnelle, voire une même conscience de classe que traduit une forte propension à la grève. On en recense une trentaine entre 1898 et 1938,  parfois rudes comme en 1923, sans oublier les Premier-Mai presque toujours chômés. En revanche, ils resteront à l’écart du grand mouvement de mai-juin 1936…

En 1940, 60 000 tonnes de charbon sont extraites des puits de mines. Les autorités allemandes en prennent le contrôle rapidement mais se heurtent à la résistance des travailleurs : l’absentéisme devient chronique, touchant près du quart des effectifs à l’été 1944. A la Libération, on attribue à la mine plusieurs dizaines de prisonniers de guerre pour relancer une production descendue à moins de 40 000 tonnes. C’est dans ce contexte qu’intervient   « le coup de mine » et l’explosion tragique de 1945.

C’est la fin annoncée pour la Société anonyme des Mines de Faymoreau.  Les réserves estimées étant des plus faibles, et les clients de plus en plus rares, elle programme l’abandon progressif du site. Celui-ci ferme définitivement en 1958, mettant un terme à une histoire singulière de 130 ans qui a marqué le bocage vendéen.

Florence Regourd (CDHMOT)

Bibliographie
Du charbon en Vendée, Recherches vendéennes, n°10, 2003 dont Florence Regourd, Le mouvement social à Faymoreau (XIX-XXème s).
Florence Regourd, La Vendée ouvrière, Le Cercle d’Or, 1981.

Illustrations
Les mineurs au puits du Centre entre les deux guerres (coll. Mme D. Métay).
Le coron de la Haute terrasse.
Le puits Bernard (dernier puits en exploitation de 1927 à 1958).

 

Sur le blog du CHT Fragments d’Histoire sociale…

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Les Métay, instituteurs et militants

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Sur tous les fronts !

C’est bien ce qui caractérise Louis (1892-1978) et Louise (1896-1958) Métay qui firent, après leur passage à l’École normale de La Roche-sur-Yon et leur mariage en 1918, toute leur carrière en Vendée jusqu’à leur retraite en 1951.

Tous deux s’engagent dès le milieu des années 1920 dans le Syndicat national des instituteurs et à la CGT. Élu au conseil départemental, rédacteur du Bulletin du SNI, membre de la commission administrative de l’UD CGT à partir de 1928, Louis est le secrétaire général du SNI départemental de 1933 à 1946. Il joue notamment un rôle important dans le processus d’unité syndicale acquis fin 1935 en Vendée. Tous deux sont actifs lors du Front populaire, conscients du rôle des instituteurs en matière d’éducation populaire et militante. Grévistes le 30 novembre 1938, le couple est déplacé, sanctionné comme une trentaine d’instituteurs vendéens.

Dès le début des années 1920, Louise assure une tribune féministe dans le Bulletin du SNI, combinant féminisme et idéal laïque, défendant le principe « À travail égal, salaire égal. Trésorière fédérale adjointe de la Fédération féministe universitaire, elle y défend avec ardeur le suffrage des femmes.

Socialistes convaincus, ils participent, ensemble ou séparément au congrès national SFIO de 1927, et aux congrès fédéraux à partir de cette même année. Louise, membre de la section de La Roche-sur-Yon depuis 1925, entre dans les instances fédérales en 1929, et est citée comme propagandiste de la SFIO vendéenne en 1932.

En 1934, le couple participe à de nombreuses manifestations, aux comités antifascistes des années 1935-1936, prenant cependant quelque distance avec le Front populaire, notamment sur la question de la défense laïque et de l’école en Vendée. Ils sont par ailleurs membres de la Ligue des Droits de l’Homme, Louise assumant la vice-présidence de la fédération de Vendée en 1934. On les retrouve enfin dans les rangs de la franc-maçonnerie du département : Louis est révoqué en octobre 1941 pour appartenance au Grand Orient de France, tandis que Louise est la première femme à intégrer une loge, La Fraternité vendéenne, loge mixte du Droit humain.

Durant la guerre, pour échapper à la répression, Louis gagne la Haute-Savoie (1943) où il côtoie le maquis, alors que Louise, « gaulliste dangereuse » ne peut le rejoindre qu’en 1944. Ce n’est qu’en novembre de cette même année qu’ils peuvent rentrer en Vendée et y retrouver la quiétude (toute relative) de leurs classes…

Florence Regourd (CDHMOT de Vendée)

Sources : Bulletin du SNI de Vendée ; compte-rendu de congrès SFIO ; Fonds PS du CDHMOT-DBMOMS (Maitron) ; Archives départementales de Vendée ; Mémoire syndicale. Instituteurs en Vendée, CDHMOT, 1989.

Iconographie : Louis (deuxième rang, 4e en partant de la gauche) et Louise (premier rang) lors du congrès fédéral SFIO de Vendée en 1927 (Archives CDHMOT, Fonds PS).

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