Faymoreau-Les-Mines: Une Babel ouvrière

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Sur le site du CHT une contribution du CDHMOT: 

 

Le 12 juillet 1945, un coup de grisou secoue Faymoreau, modeste commune du sud-Vendée dont la notoriété doit beaucoup à la découverte dans les années 1820 d’un sous-sol riche en charbon. Huit corps sans vie sont extirpés du puits. Ils ont pour noms : Walter Ameck, Johann Jay, Karl Mizgalski, Walter Turk, Henri Petit, Bautista Puente, Venceslas Sirek et Stanislas Skrypezyk. Ils sont Allemands (prisonniers de guerre), Français, Espagnol, Polonais… et gueules noires.

L’arrivée de travailleurs étrangers intervient après la Grande Guerre quand la Compagnie recrute en 1920 150 mineurs polonais vivant alors en Meurthe-et-Moselle. Bientôt, une dizaine de nationalités se côtoient sur les corons de Faymoreau, de la Haute-Terrasse (alias le coron des « sans bas », par opposition au coron des « bas de soie » réservé aux porions) à la Basse-Terrasse et à la Basse-Mine. Dans les  années 1930, aux « dynasties » de mineurs locaux (Métay, Suire, Pointre, Barbin…) viennent s’ajouter des Italiens, Allemands, Espagnols, Tchèques, Russes, Nord-Africains… sans oublier les Polonais qui forment la première des communautés étrangères. Au recensement de 1931, sur 837 habitants, on dénombre 232 étrangers.

Quelle que soit leur origine, les mineurs partagent les mêmes revendications : sur les salaires, la durée, les conditions et l’organisation du travail, les modalités de la retraite, la sécurité. Fortement syndiqués depuis la création de la première Chambre syndicale des mineurs de Faymoreau en 1895 (à l’issue d’un conflit relatif à la création d’une société de secours mutuels), affiliée à la CGT en 1910, tous se retrouvent dans une même solidarité professionnelle, voire une même conscience de classe que traduit une forte propension à la grève. On en recense une trentaine entre 1898 et 1938,  parfois rudes comme en 1923, sans oublier les Premier-Mai presque toujours chômés. En revanche, ils resteront à l’écart du grand mouvement de mai-juin 1936…

En 1940, 60 000 tonnes de charbon sont extraites des puits de mines. Les autorités allemandes en prennent le contrôle rapidement mais se heurtent à la résistance des travailleurs : l’absentéisme devient chronique, touchant près du quart des effectifs à l’été 1944. A la Libération, on attribue à la mine plusieurs dizaines de prisonniers de guerre pour relancer une production descendue à moins de 40 000 tonnes. C’est dans ce contexte qu’intervient   « le coup de mine » et l’explosion tragique de 1945.

C’est la fin annoncée pour la Société anonyme des Mines de Faymoreau.  Les réserves estimées étant des plus faibles, et les clients de plus en plus rares, elle programme l’abandon progressif du site. Celui-ci ferme définitivement en 1958, mettant un terme à une histoire singulière de 130 ans qui a marqué le bocage vendéen.

Florence Regourd (CDHMOT)

Bibliographie
Du charbon en Vendée, Recherches vendéennes, n°10, 2003 dont Florence Regourd, Le mouvement social à Faymoreau (XIX-XXème s).
Florence Regourd, La Vendée ouvrière, Le Cercle d’Or, 1981.

Illustrations
Les mineurs au puits du Centre entre les deux guerres (coll. Mme D. Métay).
Le coron de la Haute terrasse.
Le puits Bernard (dernier puits en exploitation de 1927 à 1958).

 

Sur le blog du CHT Fragments d’Histoire sociale…

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Les Métay, instituteurs et militants

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Sur tous les fronts !

C’est bien ce qui caractérise Louis (1892-1978) et Louise (1896-1958) Métay qui firent, après leur passage à l’École normale de La Roche-sur-Yon et leur mariage en 1918, toute leur carrière en Vendée jusqu’à leur retraite en 1951.

Tous deux s’engagent dès le milieu des années 1920 dans le Syndicat national des instituteurs et à la CGT. Élu au conseil départemental, rédacteur du Bulletin du SNI, membre de la commission administrative de l’UD CGT à partir de 1928, Louis est le secrétaire général du SNI départemental de 1933 à 1946. Il joue notamment un rôle important dans le processus d’unité syndicale acquis fin 1935 en Vendée. Tous deux sont actifs lors du Front populaire, conscients du rôle des instituteurs en matière d’éducation populaire et militante. Grévistes le 30 novembre 1938, le couple est déplacé, sanctionné comme une trentaine d’instituteurs vendéens.

Dès le début des années 1920, Louise assure une tribune féministe dans le Bulletin du SNI, combinant féminisme et idéal laïque, défendant le principe « À travail égal, salaire égal. Trésorière fédérale adjointe de la Fédération féministe universitaire, elle y défend avec ardeur le suffrage des femmes.

Socialistes convaincus, ils participent, ensemble ou séparément au congrès national SFIO de 1927, et aux congrès fédéraux à partir de cette même année. Louise, membre de la section de La Roche-sur-Yon depuis 1925, entre dans les instances fédérales en 1929, et est citée comme propagandiste de la SFIO vendéenne en 1932.

En 1934, le couple participe à de nombreuses manifestations, aux comités antifascistes des années 1935-1936, prenant cependant quelque distance avec le Front populaire, notamment sur la question de la défense laïque et de l’école en Vendée. Ils sont par ailleurs membres de la Ligue des Droits de l’Homme, Louise assumant la vice-présidence de la fédération de Vendée en 1934. On les retrouve enfin dans les rangs de la franc-maçonnerie du département : Louis est révoqué en octobre 1941 pour appartenance au Grand Orient de France, tandis que Louise est la première femme à intégrer une loge, La Fraternité vendéenne, loge mixte du Droit humain.

Durant la guerre, pour échapper à la répression, Louis gagne la Haute-Savoie (1943) où il côtoie le maquis, alors que Louise, « gaulliste dangereuse » ne peut le rejoindre qu’en 1944. Ce n’est qu’en novembre de cette même année qu’ils peuvent rentrer en Vendée et y retrouver la quiétude (toute relative) de leurs classes…

Florence Regourd (CDHMOT de Vendée)

Sources : Bulletin du SNI de Vendée ; compte-rendu de congrès SFIO ; Fonds PS du CDHMOT-DBMOMS (Maitron) ; Archives départementales de Vendée ; Mémoire syndicale. Instituteurs en Vendée, CDHMOT, 1989.

Iconographie : Louis (deuxième rang, 4e en partant de la gauche) et Louise (premier rang) lors du congrès fédéral SFIO de Vendée en 1927 (Archives CDHMOT, Fonds PS).

Nouveauté: DES VIES EN ROUGE

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      Paul BOULLAND, DES VIES EN ROUGE

Militants, cadres et dirigeants du PCF (1944-1981) des-vies-en-rouge

Editions de L’Atelier, 350 p. (2016)

 

Un beau titre que celui du livre que l’historien Paul Boulland,  co-directeur du Maitron, vient de consacrer aux Militants, cadres et  dirigeants du PCF de la Libération à 1981, à l’apogée du parti, grâce à de nouvelles sources. Fonds du PCF et quelques fonds du Centre Russe pour la conservation des archives en Histoire politique et sociale (RGASPI) de Moscou, pour l’essentiel, aboutissant à la constitution d’un corpus  de 1200 dossiers  souvent réalisés à partir des questionnaires biographiques régulièrement fournis en interne puisqu’il s’agissait « de s’expliquer…sans omettre le moindre détail qui puisse éclairer le parti auquel l’on ne doit rien cacher ».

Paul Boulland en dégage « des manières d’être communiste » évoluant au fil des débats voire des crises internes, loin d’une vision monolithique d’un parti stable voire immobile et sclérosé, incapable de se transformer. Ainsi peut-il cerner plusieurs périodes  dans la politique d’encadrement  du parti, « le recrutement et la reproduction des élites militantes ». Dans une première phase qui va jusqu’aux années 1960, on reproduit un modèle hérité de l’époque stalinienne faisant la part belle à l’ouvriérisme tout en « relisant » l’héritage résistant.  Une époque où la figure sinon le modèle reste Maurice Thorez (dirigeant de 1930 à 1964). Une seconde phase  court à partir des années 1970 où, malgré « une déstalinisation manquée », une stratégie d’ouverture voire de changement se fait jour dans le recrutement des élites communistes : ouverture aux « techniciens » ; comme dans l’approche théorique soucieuse de s’adapter aux transformations économiques et sociales. Le tout ne se faisant pas sans heurts, résistances et contradictions dans la constitution de « ce métier de cadre communiste ». Avec une nouvelle figure symbolique : celle de Georges Marchais.

Parmi « ces vies du parti » comme « ces vies des cadres du parti », on retiendra la place du « cœur du modèle partisan » à travers les fédérations de la région parisienne mais on pourrait les comparer à quelque figure « locale » comme Odette Roux  qui s’engagea dans les années trente et fut « du parti de Thorez » comme de celui de Marchais.

     

Marie Gaboriaud « La Capitaine » communarde et vendéenne

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la fiche de présentation de Marie Gaboriaud, femme Chiffon:

 

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BALADE GOURMANDE DANS LE QUARTIER DES CHEMINOTS

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Dans le cadre des Journées du Patrimoine, le CDHMOT et PATRIMOINE YONNAIS

vous proposent une Balade gourmande le samedi 17 septembre de 15h à 17h30

BALADE GOURMANDE DANS LE QUARTIER DES CHEMINOTS

Olivier LOUBES « Jean Zay. L’Inconnu de la République »

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O. Loubes Jea Zay

Le 27 mai 2015 à Paris, en présence du président de la République, François Hollande, les cendres de Jean Zay sont transférées au Panthéon avec celles de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillon en tant que « grandes figures qui évoquent l’esprit de résistance ». Cet hommage suprême rendu à Jean Zay ne figure pas dans le dernier livre que consacre Olivier Loubes au ministre de l’Education nationale du Front Populaire (1), mais il est certain que l’auteur en aurait mesuré et apprécié l’importance, lui qui conclut son ouvrage par cette phrase : « sa place la plus naturelle, la plus historique en tout cas est au Panthéon. Par ce qu’il fit et pour ce qu’il fut. » (2)

En effet, tout au long de son livre, Olivier Loubes, historien de l’enseignement et de l’imaginaire politique de la société française, devenu l’un des plus éminents spécialistes de Jean Zay (3) sur lequel il travaille depuis 1991, s’efforce de nous démontrer pourquoi Jean Zay par son engagement dans la vie politique, par son action d’homme d’État au service de la République, par la force de ses convictions républicaines et humanistes, a sa place au Panthéon.

L’immense intérêt de cet ouvrage est entre autre, de permettre au lecteur de découvrir un homme politique méconnu, une figure essentielle du XX° siècle, qui par son action au quotidien incarne et défend jusqu’au bout de sa vie les valeurs républicaines.

Le livre est divisé en quatre grandes parties qui sont les quatre grandes parties de la vie de Jean Zay.

L’auteur y suit un fil directeur qui est celui de Jean Zay qualifié d ‘ « Homme-République ». Effectivement, tout au long de son texte, Olivier Loubes démontre que Jean Zay est républicain depuis toujours et le sera toute sa vie. Républicain par héritage familial, héritier de la république radicale de son père, patriote et pacifiste après la guerre de 1914/1918. Républicain de par ses premiers engagements de 1918 à 1936 : engagement aux Jeunesses laïques et républicaines, au parti radical, à la Ligue des Droits de l’Homme, à la Ligue de l’Enseignement et à la Loge maçonnique, élu député, engagement dans l’union des gauches qui va faire triompher le Front Populaire. Républicain dans son rôle de ministre de Léon Blum et du Front Populaire, et ceci jusqu’en septembre 1939, un ministère où il a mis en place ses idées pour l’école : démocratiser l’enseignement et la culture et mettre l’enfant au cœur du système éducatif. Républicain aussi par sa forte participation aux grandes réformes mises en place en 1936. Républicain enfin de 1939 à sa mort en 1944 où, fidèle à ses engagements politiques et patriotiques, il combat dans l’armée française contre le fascisme, et participe de l’intérieur de sa prison à Riom à la résistance clandestine. Sa mort le 20 juin 1944 assassiné par les Miliciens de Vichy fait de lui un martyr de la République.

Dans la dernière partie de son livre, l’auteur mène une réflexion très poussée sur Jean Zay, la mémoire de Jean Zay et le lien qui unit Jean Zay et la République. Il aborde successivement les différentes étapes et les explications de la constitution de la mémoire autour de Jean Zay, de celle qui ne voit que le républicain et oublie le résistant ; il montre l’évolution et les difficultés, au fil de l’histoire politique de la France d’après-seconde guerre mondiale du lent cheminement de cette mémoire qui oublie parfois au début une part importante de son action pour ne voir que le martyr, qui passe sous silence durant près de 40 ans la responsabilité du régime de Vichy (4) pour ne voir – a tort – qu’une victime de la barbarie nazie et qui tarde à reconnaître officiellement le résistant à part entière.

La lecture attentive de cet ouvrage est facilitée par de nombreux documents écrits inclus dans le corps des chapitres (extraits de textes de Jean Zay, de discours politiques, d’articles de presse, de circulaires ministérielles, de témoignages, etc…) et des photos datées et légendées qui illustrent les propos de l’auteur.

Elle nous permet de mettre en avant quelques aspects frappants de la personnalité de Jean Zay :

Le jeune homme passionné de la vie et de la République : le parcours d’une vie intense et courte où la jeunesse des engagement étonne : avocat à 24 ans, député à 28 ans, ministre à 32 ans. La mort survient alors qu’il n’a pas 40 ans.

Le travailleur infatigable qui aborde dès son enfance sa vie comme un combat pour la justice, la démocratie, l’égalité. Durant toute sa vie il rédigera des éditoriaux, des tribunes, des chroniques. De la Première guerre mondiale, à son emprisonnement à Riom (5) il ne cessera d’écrire. Devenu avocat, il consacre la plus grande partie de sa journée à travailler au journal quotidien de son père (6) et devient avocat dans la soirée. Dans le parti radical il est vite un des plus remarquables orateurs, leader et porteur du projet de Front Populaire. Enfin au ministère de l’Education nationale il multiplie les initiatives pour faire aboutir son projet, la grande réforme de l’école, contrôlant tout notamment les textes officiels qu’il présente par écrit personnellement.

L’humaniste : Jean Zay est un pacifiste convaincu après l’effroyable carnage de la guerre de 1914/1918, mais il demeure patriote ; c’est un défenseur des Droits de l’Homme, il a un sens approfondi de l’honneur et du devoir (autant dans son travail de ministre de la République que durant son internement à Riom), il a un grand souci d’égalité notamment à travers sa mission à l’Education nationale où il agit pour créer une école et une culture pour tous. Il n’est pas figé sur ses convictions et admet la remise en cause comme celle concernant le pacifisme qu’il nuance face à la montée du fascisme, ou le rôle des femmes en politique où il va militer pour le vote des femmes, ou bien en matière de religion où il évolue vers l’agnosticisme.

Le visionnaire : l’aspect le plus extraordinaire de Jean Zay. C’est au ministère de l’Education nationale que cet aspect est le plus évident : visionnaire par la grande réforme de l’école qu’il commence à mettre en place et dont les effets conditionneront l’école (du primaire à l’université) bien après la Seconde guerre mondiale (école pour tous, démocratie, refondation des structures de l’enseignement, classes d’orientation) et jusqu’à nos jours ; mais aussi par les autres actions menées dans le même ministère appelé officiellement ministère de l’Education nationale et des Beaux Arts, puis ensuite avec la Jeunesse et le Sport : projet ou création du CNRS, du Musée de l’Homme, de l’ENA, du Festival de Cannes (7), dans le domaine du sport : l’USEP, l’EPS. Visionnaire en participant aux mesures du Front Populaire comme les congés payés ou la semaine de 40 heures. Toutes ces mesures culturelles ou sociales qui ont fait la France de la deuxième moitié du XX° siècle.

Il est bien évident que tous les aspects du livre d’Olivier Loubes n’ont pas été évoqués dans cette analyse notamment les passionnants passages consacrés à son enfance de fils de soldat, à l’ « affaire du Drapeau » et aux attaques parfois ignobles de l’extrême-droite, au piège du Massilia qui lui fut tendu par Vichy. Nous laissons au lecteur le soin de les découvrir.

Pour terminer, nous donnerons la parole à Robert Badinter : « Jean Zay incarnait pour tous, amis ou ennemis une certaine idée de la République laïque, sociale, généreuse, fondée sur les droits de l’homme et la raison éclairée par l’instruction publique » (8).

Un livre passionnant pour un destin hors du commun : celui d’un homme exceptionnel.

Notes:

1 – Olivier Loubes,  Jean Zay, l’inconnu de la République, A. Colin (288p), 2012.

2 – même ouvrage page 203

3 – dans la tradition des grands historiens Antoine Prost ou Pascal Ory pour ne citer que les plus connus

4 – ce n’est qu’en 1994 que la plaque commémorative placée sur le lycée d’Orléans et dédiée à Jean Zay transforme la phrase initiale (de 1954) : « Jean Zay victime de la barbarie nazie » en «Jean Zay assassiné par la Milice du régime de Vichy », même ouvrage page 192

5 – durant la guerre de 1914/1918 une série de textes au quotidien sur la guerre et ses impressions regroupés sous le titre Le Familier, et durant sa captivité Souvenirs et solitude, Paris, 2010

6 – Le Progrès du Loiret

7- lire à ce sujet le dernier livre d’Olivier Loubes : Cannes, 1939, le festival qui n’a pas eu lieu, avril 2016

8 – cité par Olivier Loubes, même ouvrage page 7

« Celles de 14 ». La situation des femmes au temps de la grande boucherie par Hélène HERNANDEZ

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Hélène FERNANDEZ Celles de 14

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