AUTOUR DU 8 MARS JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DE LA FEMME

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A l’occasion de la Journée Internationale des Droits de la Femme,

le CDHMOT organise: exposition, conférence, atelier mémoire et

diaporama…en partenariat avec la Maison de Quartier Liberté

et la Médiathèque d’agglomération.

  Conférence le 8 mars à 17h30                    Médiathèque

                     Les filles de Big-Chief Maison de Quartier Liberté

 

Les filles de Big-Chief
1ère de couv (112p)

Les filles de Big-Chief
4ème de couv

 

 

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Sur le blog d’Histoire sociale du CHT 1913:La guerre de la sardine en Vendée

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Les Sables d’Olonne : la « guerre de la sardine » (1913)

 

Fév1par Centre d’histoire du travail

Les relations entre marins-pêcheurs et usiniers ne sont pas des relations d’ouvriers à patrons mais de vendeurs à acheteurs, voire même, d’une certaine façon, de tâcherons à donneurs d’ordre. Des vendeurs à l’esprit grégaire qui savent s’unir pour défendre leur port, leurs coutumes, leurs intérêts et leur conception du métier. La « guerre de la sardine » qui secoue la cité sablaise avant-guerre en est illustration…

Les Sables un jour de grève (1913)

Dès la fin du 19e siècle, les sardiniers sablais comprennent qu’il leur faut s’organiser en syndicat s’ils veulent résister aux prétentions des usiniers. Leur combat est double : obtenir un tarif minimum pour la marchandise pêchée et, surtout, garder la main sur la façon dont le métier évolue.
Leur ennemi, c’est l’augmentation de la production, car celle-ci ne peut avoir comme conséquence que la baisse des prix. Les industriels n’en ont cure : ils ont besoin de matières premières pour faire tourner à plein les conserveries ! C’est pourquoi ils font pression sur les marins-pêcheurs pour qu’ils motorisent leurs embarcations et les dotent de filets plus efficaces.

Autre objet de discorde : « l’abonnement », autrement dit le fait que chaque pêcheur ait un acheteur attitré. Ce système est ambivalent : d’un côté le pêcheur est assuré de vendre sa marchandise, mais de l’autre, l’acheteur peut refuser la marchandise proposée au motif qu’elle ne lui convient pas voire tirer les prix vers le bas en fonction de la conjoncture. Bref, tout est affaire de rapport de force, et régulièrement, les quais sablais sont en émoi.
Au printemps 1913, la situation se tend à nouveau. Devant le refus des pêcheurs syndiqués d’investir dans des filets tournants, les entrepreneurs décrètent le lock-out : les usines ferment et les ouvrières, bien souvent femmes ou filles de pêcheurs, se retrouvent sans travail. Rapidement, le conseil permanent d’arbitrage (une création de 1909 pour régler les différends) se réunit et parvient à un compromis assez favorable aux pêcheurs puisqu’ils obtiennent la fin de l’abonnement et la fixation d’un tarif minimum pour le mille de sardines. Mais dès le mois d’août, les fabricants renient leur signature : l’abonnement, ils y tiennent ! Alors, en riposte, le 12 août, les bateaux restent à quai : c’est la grève, une grève-éclair de vingt-quatre heures, qui se termine là-encore par un compromis qui tient plus du cessez-le-feu que de l’armistice. Car dès 1914, le conflit renaîtra, toujours pour la même raison : la modernisation de la flottille sablaise, autrement dit l’industrialisation de la pêche artisanale…

Contribution de Florence Regourd (CDHMOT Vendée)

Bibliographie : CDHMOT, 1913: la guerre de la sardine en Vendée, Mémoire ouvrière, mémoire oubliée ?, Brochure n°5, 2018, 68 p. illustrées. Pour commander ce travail, contactez le CDHMOT : cdhmot@orange.fr

« Mélancolie ouvrière » de Michelle Perrot

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Michelle PERROT, Mélancolie ouvrière, Grasset (188 p), 2012

(Réédité chez Points, Histoire, 192 p, 2014)

« Je suis entrée comme apprentie,

J’avais alors douze ans… »      

Lucie Baud, juin 1908.

 

On connaît bien l’historienne Michelle Perrot pour ses travaux sur les grèves, le monde du travail et les femmes, voici un ouvrage qui croise tous ces centres d’intérêt.

Le livre se décompose en trois parties : 40 pages pour retracer la méthodologie de la recherche autour de cette « oubliée de l’histoire » que fut l’ouvrière en soie Lucie Baud (1870-1913), l30 pages pour suivre ou reconstituer l’éphémère mais intense destin de cette « héroïne », et le texte de son article-témoignage paru dans Le Mouvement socialiste en 1908 sur « Les tisseuses de soie dans la région de Vizille ».

Lucie est née en 1870 dans l’Isère, au village de Saint-Pierre-de-Vizille, d’un père cultivateur et d’une mère ouvrière en soie. Destin tout tracé donc pour cette petite fille sortie de l’école des sœurs : devenir apprentie dans l’usine où travaille sa mère. Elle passe 8 ans dans l’internat de ce « couvent soyeux », avant de devenir ouvrière à Vizille. Mariée en 1891 à un garde-champêtre, le couple aura trois enfants dont, fragilité de l’époque, un fils qui meurt avant l’âge d’un an.

C’est autour des années mouvementées de sa vie, entre 1902 et 1906, que Michelle Perrot trace les combats de Lucie Baud « révoltée de la soie », autour de la question : « Sait-on pourquoi les gens s’engagent ? ».

Veuve, Lucie organise le syndicat des ouvriers et ouvrières de la soie pour lutter, à Vizille, puis à Voiron, contre les baisses de salaire, les cadences imposées comme la conduite de deux voire trois métiers pour le tissage, les licenciements. « Une première ! ». En août 1904, elle est la seule femme déléguée  (sur 54 délégués représentant 70 syndicats) au 6ème congrès national ouvrier de l’industrie textile à Reims. Certes, elle ne s’y exprime pas, mais c’est une éducation militante, même s’il n’y a aucune question à l’ordre du jour sur le travail des femmes. Elle y côtoie  Victor Renard qui dirige le syndicat, un guesdiste qui subordonne le syndicat au parti, dans les grandes discussions qui animent alors le mouvement ouvrier.

En liaison avec la Bourse du Travail de Grenoble et d’autres militants, dont Charles Auda, ouvrier tisseur et responsable de la Fédération lyonnaise du textile, Lucie Baud  mène deux grèves longues et dures, en 1905 à Vizille puis en 1906 à Voiron, qui fourniront l’essentiel de la matière de son témoignage écrit paru en 1908. Elle y décrira le monde du travail de « l’ouvrière soyeuse et la militante syndicaliste ». De mars à juillet 1905, à Vizille, secrétaire du comité de grève en lutte contre la rationalisation du travail imposée, elle organise meetings, manifestations, entrevue avec les autorités (le maire), négociations-houleuses- avec le patron et « soupes communistes ». Chassée de l’usine, à Voiron, en 1906, de février à mai, elle se bat pour la journée de huit heures et contre le tarif. Le 1er mai est l’apogée de ces luttes. Lucie, toujours à l’œuvre dans l’organisation des cantines et la défense des ouvrières italiennes, des Piémontaises que l’on brime, est, là encore mise à la porte. La masse de licenciements qui solde l’échec de la grève amène cette « mélancolie ouvrière des lendemains de grève » qui sert de titre à la réflexion de Michelle Perrot.

Lucie Baud a 36 ans. Elle se tire trois coups de revolver dans la bouche, mais survivra quelques années, la mâchoire fracassée. Il faut lire son témoignage, fort bien écrit, et paru en 1908. Les écrits d’ouvrières sont si rares ! On perd sa trace jusqu’à son décès, en 1913, à Tullins. « La rebelle » n’avait que 43 ans.

Un film éponyme, réalisé par Gérard Mordillat, vient d’être réalisé en 2018, avec une belle pléiade d’acteurs, de Virginie Ledoyen à Philippe Torreton, que le CDHMOT espère faire venir à La Roche-sur-Yon.

Florence Regourd

 

Une nouvelle publication : 1913 la guerre de la sardine en Vendée

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 Une nouvelle publication dans la série des brochures du CDHMOT

Mémoire ouvrière. Mémoire oubliée ? n°5 2019 68p. illustrées

Disponible au CDHMOT ou par courrier (3 € de port)

A l’ombre des châteaux par Elie Gaborit

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Les raisons d’un engagement.

Livre témoignage écrit sous les lumières bienveillantes de ses parents « à l’ombre des châteaux », titre du livre. Dans la préface de Michel Gautier, Élie Gaborit est un homme d’action rayonnante, avec la rage d’agir.

Voyons voir : ses parents catholiques lui ont appris la laïcité, « le respect des différences et la place reconnue au pouvoir politique » (p 57). Petit, il manque des jours d’école pour raison de santé, mais bon élève, il rentre au séminaire à l’âge de 11 ans, et le quitte à 17 ans avant le bac. Ses parents et ses frères l’accueillent sur l’exploitation familiale. Fin des années 50, il passe son temps libre à se distraire et se former avec la J.A.C. (Jeunesse Agricole Chrétienne).

Dispensé du service militaire, il ne part pas en Algérie. Il effectue une sorte de service civique comme animateur à le J.A.C où il rencontre Marité, qui deviendra un peu plus tard sa femme. Ils partent à Paris, lui au siège du Secours catholique, elle, comme femme de service à la maternité Sainte Félicité. De retour au pays, ils se marient. Élie Gaborit, homme en devenir d’action, rencontre Eugène Clautour, licencié de l’usine Ariel à Aizenay, en raison de son action syndicale. Il devient son « grand frère » et lui fait connaître Louis Champain, secrétaire de la CFTC. Il commence son parcours syndical, devient un vrai combattant et militant humaniste, en 1962 à la CFTC et en 1964 à la CFDT. Il est dans toutes les luttes, à la chambre d’agriculture avec Clément Sauvaget, Paysans solidaires, et Bernard Lambert, jeune député, paysan mondialiste, combattant de la première heure au Larzac. Un peu plus tard, il dépannera Bernard Lambert. Reprend des études à Nantes. Participe au combat des chômeurs avec Geneviève Crépaud.

Il ne connaît pas la routine, il vit les choses pleinement quand il devient conseiller municipal avec Jacques Auxiette. Élie Gaborit a commencé sa vie « à l’ombre des châteaux » ; dans son parcours, des châteaux, il en a construit… sur des fondations faites de justice sociale et d’émancipation.

C’est le témoignage d’un militant qui a encadré le libre jeu des intérêts individuels.

 

A l’ombre des châteaux- combats militants en Vendée, Elie Gaborit.

1ère de couverture

Edition la Geste, 274 p. 2018. 18€

 

Gérard Clautour

Sur le blog d’Histoire sociale du CHT

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LA ROCHE-SUR-YON : EUGÈNE CHAPELLIER RESCAPÉ DE LA MILICE 

Lorsque la CGT Force ouvrière se constitue en Vendée,

elle confie sa direction à un fonctionnaire de quarante-six ans,

Eugène Chapellier, qui, quatre ans plus tôt,

faillit tomber sous les balles de la Milice…        

Fils d’une modiste et d’un employé de commerce devenu rédacteur à la préfecture de La Roche-sur-yon, Eugène Chapellier (1902-1955) suit les traces paternelles, intégrant la fonction publique en Vendée, comme auxiliaire temporaire au service des retraités puis… rédacteur. Il n’a pas 20 ans. Il faut attendre les années 1930 pour le voir s’engager syndicalement et politiquement, tout comme le fit son frère, René, préparateur en pharmacie.

Sur le plan syndical, on le retrouve, en 1934, au bureau de l’Union départementale CGT, puis à la commission administrative de 1937 à la déclaration de guerre. Une guerre qu’il accomplit sur le front et pour laquelle il obtient la croix de guerre.

Sur le plan politique, Eugène Chapellier se montre plus discret. Membre de la section yonnaise de la SFIO comme son père, il ne sera jamais candidat sur une liste du Parti socialiste. Est-ce à cette discrétion qu’il doit la vie sauve ? Car il faillit bien finir fusillé à l’été 1944.

Démobilisé, Eugène Chappelier retrouve son poste de chef de bureau à la Préfecture de la Vendée. Là, avec des militants socialistes et francs-maçons, il constitue, évidemment dans la clandestinité, un noyau de résistants… tout en étant membre du Comité ouvrier de secours immédiat (COSI), structure humanitaire dédiée au ravitaillement des populations, mise en place par d’anciens militants syndicalistes, communistes ou socialistes, ralliés à Pétain.

Lorsque le chef local de la Milice est assassiné le 21 juillet 1944, ces supplétifs de la Gestapo exigent que douze otages, désignés par eux, soient exécutés en représailles ; et parmi ceux-ci figure, en seconde position, Eugène Chapellier. Il faut toute l’énergie du préfet pour arracher ces douze hommes au peloton d’exécution.

Rescapé, Chapellier consacre son énergie à la remise en place de la CGT. Il le fait notamment avec Noël Cadot, un cheminot qui, dans les années 1930, était une des figures centrales de la CGTU vendéenne, d’obédience communiste. Unité de circonstance qui ne tient qu’une poignée d’années…

Florence Regourd

Sources : CDHMOT, Dictionnaire biographique des militants CGT-Force Ouvrière de Vendée (1949-2009), Editions CDHMOT, Mémoire syndicale, 2017, 191 p ; Notice biographique d’Eugène Chapellier pour le compte du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français.

Iconographie : Portrait d’Eugène Chapellier (coll. Grivard) ; ancienne Bourse du Travail rue Haxo pendant la guerre.

Le CDHMOT participera à la Semaine de la Laïcité les 8-9-10 décembre

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Comme les années précédentes,

le CDHMOT participera à la Semaine de la Laïcité

notamment animée par la Ligue de l’Enseignement

(FOL de Vendée), la Libre Pensée, les Associations familiales

laïques, l’Observatoire vendéen de la Laïcité…etc…

-samedi 8 décembre: rassemblement devant la Préfecture (10h)

-dimanche 9 décembre: « Si nous Fraternis’Yon » à la Maison

de Quartier de la Vallée verte où nous présenterons nos

expositions:

« 1848: l’instauration du suffrage universel, 

l’abolition de l’esclavage »

-lundi 10 décembre: 120 ans de la LDH.

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